Le sous-financement chronique des universités depuis des années nous envoie dans le mur. Le nombre d’étudiants a encore augmenté, les rémunérations et cotisations supplémentaires (glissement vieillesse technicité, CAS pension, augmentation du point d’indice) ne sont pas compensées. La préconisation de l’État était d’utiliser le fonds de roulement[1] et celui-ci est maintenant trop faible pour assurer un fonctionnement serein de l’université[2].
On arrive à une situation de crise telle que la présidence de Paris-Saclay a demandé aux composantes du périmètre employeur de réduire leur masse salariale académique de 1 % par an pendant trois ans.
1%, cela pourrait paraître négligeable. C’est en réalité 10 à 12 postes à l’échelle de la Faculté des Sciences ou 1 à 2 postes à l’IUT de Cachan, par exemple. Typiquement, c’est le nombre de recrutement annuel. On envisagerait donc de ne plus recruter de MCF pendant les trois années à venir. Cette mesure aurait un impact profond en termes d’encadrement pédagogique, qui dans de nombreuses formationsest déjà en tension, et pour notre activité de recherche dans les laboratoires.
Cette situation est intenable. Elle est le résultat d’une volonté politique de destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche que nous dénonçons depuis des années.
C’est à l’État d’affecter des crédits pour une université de qualité et à la hauteur des nombreux enjeux sociaux, scientifiques et techniques, qui requièrent de former des citoyens avec une pensée critique et autonome.
[1] https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/09/15/la-crise-de-l-energie-affecte-les-finances-des-laboratoires-de-recherche-et-les-universites_6141737_3224.html => La ministre Sylvie Retailleau promet d’aider financièrement les établissements, une fois « consolidée » l’évaluation des surcoûts. Elle invite néanmoins les universités à puiser dans les réserves des fonds de roulement et à « ne pas bloquer de l’argent qui dort ». « Elles ne doivent en aucun cas pénaliser leur campagne de recrutement et leurs projets, pour couvrir les surcoûts énergétiques », poursuit-elle.
[2] https://www.lesechos.fr/politique-societe/education/financement-des-universites-les-presidents-invites-a-gerer-leur-budget-autrement-2223267 => « la part[de ces fonds de roulement] libre d’emploi est estimée à 5 %, soit 200 millions d’euros ». Une bonne nouvelle, saluent les présidents d’université qui n’ont cessé de répéter que leurs fonds de roulement étaient fléchés sur des projets et qu’ils ne pouvaient pas s’en servir pour autre chose.
