Soutenir le mouvement étudiant

Depuis une semaine, des étudiant.es se sont mobilisé.es et ont bloqué les bâtiments. Des cours et des partiels ont été annulés. Il ne s’agit pas d’un épi-phénomène mais d’un évènement historique :  90% des universités en France sont à ce jour impactées par la mobilisation étudiante (Le Monde, 13/10/2026).

Annulation des cours et passage au distanciel

Nombreux.ses sont les enseignant.es qui comprennent ou soutiennent cette mobilisation. Nous en faisons partie et nous pensons qu’il faut continuer à être aux côtés des étudiant.es. Nous entendons également des inquiétudes de la part des collègues après une semaine de perturbations des enseignements. Parce que l’on croit à notre métier, à l’utilité d’apprendre et à l’importance de la cohérence des formations, nous comprenons ces inquiétudes.

Nous comprenons que c’est une des raisons pour lesquelles certain.es collègues passent leur cours en distanciel. Pour autant, nous continuons à penser que faire cours aujourd’hui empêche les étudiant.es de se mobiliser et défavorise ceux et celles qui décident de se battre pour notre avenir commun. 

Nous appelons donc tous les collègues à refuser de passer en distanciel. Nous savons que cela pose des problèmes dans les équipes pédagogiques car tous les collègues sont attachés à l’égalité entre les étudiantes. Mais nous rappelons :

  • L’existence de la liberté pédagogique qui doit permettre de choisir sa manière d’enseigner. 
  • Le distanciel n’est pas une modalité entièrement libre, qui pourrait être décidée sans considération pour les règles pédagogiques de l’établissement, comme appelé par la circulaire du Ministre.
  • Les cours annulés n’ont pas vocation à être rattrapés. Les cours qui n’ont pas pu avoir lieu n’ont pas vocation à être reportés et les heures sont réputées faites pour les enseignant.es.
  • Les enseignant.es ont le droit de grève. Les heures déclarées dans le tableau de service qui ne sont pas faites du fait de grève, sont elles aussi réputées faites.
  • Il est crucial pour les étudiant.es que les équipes pédagogiques prennent en compte les annulations et la participation des collègues à la grève et donc allègent les programmes.

Télétravail et travail empêché

Enfin, en incitant les BIATSS (sur les sites bloqués) à télétravailler, les règles qui régissent le télétravail sont ignorées. Celui-ci est subordonné au volontariat, à l’alternance entre travail sur site et télétravail, et à un dialogue avec les représentant.es du personnel. Rien de tout ça ici. Le télétravail peut seulement être imposé « en cas de circonstances exceptionnelles (…) (pandémie, catastrophe naturelle, …) (…). La grève ne peut être considérée comme une circonstance exceptionnelle autorisant l’employeur à imposer le télétravail. »[1]. Certain.es collègues ne peuvent pas aller travailler. Il est évident que ce travail empêché ne peut pas mener à une saisie de salaire. Par ailleurs, la charge de travail doit être allégée pour les personnels qui n’ont pas pu accéder à leur lieu de travail. Le temps n’est pas extensible. 

Caisse de grève

Une caisse de grève existe pour soutenir les personnels qui auraient des prélèvements de salaire à cause de leur participation à leur grève. Il n’est pas nécessaire d’être syndiqué·e. N’hésitez pas à écrire à caissegreveps@framalistes.org si vous avez des prélèvements ou avez peur d’en avoir.

Si vous voulez y contribuer : https://www.papayoux-solidarite.com/fr/collecte/caisse-de-greve-de-l-universite-paris-saclay-2026

Élargir le mouvement

Au delà du domaine de l’éducation et la recherche, de nombreux secteurs d’activité sont touchés par les carences de l’action publique et l’inaction environnementale de l’État. Les études économiques s’accumulent et démontrent que la dette de l’État français a été creusée par une sous-contribution du secteur privé et des plus riches au budget de l’État, au détriment de la notion d’égalité. Construire ensemble un projet de société fondé sur les valeurs constitutionnelles de liberté, d’égalité et de fraternité, respectueux de l’environnement, et attentif aux nécessaires transitions qu’il nous faudra assumer dans les années à venir, c’est l’affaire de toutes et tous. Une Assemblée Générale inter-secteurs et inter-professionnelle est prévue à ce sujet ce jeudi 15 octobre à 18h, sur le campus de la Faculté des Sciences d’Orsay, près de la MAPS. Celle-ci sera également l’occasion de discuter avec nos étudiant·es de leurs inquiétudes et de leurs souhaits.

 [1] article 12 de l’accord-cadre sur le télétravail du 3/07/2023 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000048543799

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